Burkina/"La politique est une science noble malheureusement elle a été pervertie par nos devanciers..."Joseph Marc BAZIÉ

Burkina/"La politique est une science noble malheureusement elle a été pervertie par nos devanciers..."Joseph Marc BAZIÉ

Au Liberia le président reconnaît sa défaite,Goïta traumatise ses ennemis, Guillaume visite le Burkina Faso....... Pour décrypter cette évolution en Afrique, Africa news room a contacté Joseph Marc BAZIE, analyste politique et membre du MCN (Mouvement Conscience Nouvelle). Il nous fait sa lecture de la situation. C’est à travers cette interview  exclusive.

Lecture.....

 

AFRICANEWS ROOM : Que pensez-vous du Président GOÏTA qui vient de réussir un grand coup qui rend fière l’Afrique ? 

Joseph Marc BAZIE : Nous disons tout simplement bravo au Président GOÏTA et à tous ces vaillants soldats qui se battent au quotidien afin que tous les maliens puissent circuler et dormir tranquillement. Cela fait plus de dix (10) ans que Kidal ne relevait plus de l’administration malienne et ce que l’armée malienne vient de faire est une grande étape dans la fin du terrorisme dans le Sahel comme l’a soutenu le président du Burkina Faso, le Capitaine Ibrahim TRAORE. Cette victoire d’étape n’est pas le fruit du hasard, elle est le fruit d’un grand dirigeant avec une grande vision qui connait bien son pays. Elle a été bien préparée longuement et nous saluons la grandeur de ce président. La lutte contre le terrorisme passe nécessairement par un engagement réel de nos trois États et c’est pourquoi la création de l’Alliance des États du Sahel est une très bonne initiative. Vous voyez que malgré toute la logistique et la haute technologie dont détenaient les forces françaises et alliées, elles n’ont pas pu faire grande chose depuis l’occupation de cette partie du Mali par les forces du mal, cela prouve que ces nations étaient là pour leur propre intérêt et non pour aider l’Etat malien. Je l’avais dit depuis longtemps que cette crise durera le temps qu’il faudra mais le jour où le Mali aura un gouvernement digne, des dirigeants du peuple, elle finira parce que ces dirigeants vont s’attaquer à la racine du mal et non aux branches. C’est ce que le président Assimi GOÏTA est en train de faire actuellement et la victoire n’est plus loin. Nous exhortons à tous les peuples des trois États de rester toujours soudés et unis derrière ces présidents pour une libération totale et une véritable souveraineté, cette partie du continent est très riche en de nombreuses ressources naturelles. La prochaine étape consistera à une mutualisation des forces dans la zone des trois frontières afin de neutraliser les postes de résistance et les différentes bases ennemies installées et entretenues pendant des années dans cette localité. Bravo au peuple malien et chapeau aux dirigeants. 
AFRICA NEWS ROOM : Qu’avez-vous à dire par rapport à l’évolution de la situation sécuritaire actuelle au Burkina Faso ? 
Joseph Marc BAZIE : Le Burkina Faso est dans une bonne dynamique de la lutte contre le terrorisme. Avec l’acquisition des matériels militaires et le ferme engagement de nos autorités, cette guerre sera bientôt un lointain souvenir. Nous allons nous retrouver pour panser nos plaies et poser les bases d’un réel décollage économique du pays. La création de l’AES est une bonne chose car cette lutte ne peut pas être menée à l’échelle d’une seule nation. Il faut une mutualisation des forces des trois pays afin d’étrangler l’ennemi et détruire les racines de ce mal. La saison pluvieuse rendait la tâche très compliquée pour nos FDS mais heureusement avec l’installation de la saison sèche, nous allons assister bientôt à une battue généralisée qui permettra de détruire les quelques postes de résistance retranchées dans les forêts. La carte du Burkina Faso a été dessinée à travers une battue et c’est encore cette battue qui va redessiner la même carte. La marche triomphale vers la victoire est enclenchée et rien ne peut l’arrêter, même les ennemis internes et externes seront traités avec succès disait Bienvenu TAONSA que je salue en passant. 

AFRICA NEWS ROOM : Que pensez-vous de George Weah qui reconnait sa défaite face à son adversaire ? 

Joseph Marc BAZIE : George Weah est un dirigeant d’une grandeur d’esprit et de valeur. Il vient de donner une leçon de démocratie à ceux qui pensent que la démocratie est un luxe en Afrique. C’est ce que nous, la génération consciente, nous souhaitons. Avant le pouvoir il y a une vie et après le pouvoir il y a une vie. Weah a donné une leçon à ces vieux qui s’accrochent au pouvoir en développant toutes sortes de stratégies pour le conserver. Cela donne une mauvaise image de notre continent. Le Liberia a une histoire douloureuse et un dirigeant doit savoir tirer leçon de l’histoire de son pays pour ne pas ajouter de la douleur à la douleur. De sa carrière de footballeur à la présidence du pays, il est resté lui-même. Il est un exemple à suivre pour nombreux de nos dirigeants. 
AFRICA NEWS ROOM : Quelle leçon les présidents africains peuvent tirer de cela ? 

Joseph Marc BAZIE : Les dirigeants africains doivent savoir qu’il y a une autre vie après la présidence et qu’ils ne sont pas les seuls à pouvoir présider à la destinée de leurs nations. On a des dirigeants qui affirment que leur départ à la tête de l’Etat entrainerait un chao total et d’autres disent qu’il n’y a pas quelqu’un d’autre à part lui seul et pire d’autres soutiennent qu’ils n’ont pas encore achevé leurs projets patati patata mais c’est le summum de la bêtise humaine. Il faut respecter nos constitutions et savoir quitter le pouvoir avant que le pouvoir ne vous quitte comme on a l’habitude de le dire. Nous avons vu des cas malheureux comme celui de Yaya Djammeh ou Blaise Compaoré et le même scénario se dessine pour la Côte d’Ivoire, heureusement au Sénégal, le président Macky Sall s’est ravisé face à la détermination de la jeunesse consciente. Nous voulons une belle image de l’Afrique telle l’a fait son Excellence George Weah. La politique est une science noble malheureusement elle a été pervertie par nos devanciers sous nos cieux et nous devons changer cela. 
AFRICA NEWS ROOM : Que pensez-vous de la venue de Guillaume SORO à Ouagadougou ? 
Joseph Marc BAZIE : C’est une actualité brillante la venue de SORO à Ouagadougou. Il faut dire que Guillaume SORO n’est pas un inconnu dans la géopolitique régionale, il a occupé de nombreuses fonctions depuis le début de la rébellion jusqu’à son exil forcé en 2018 si je ne me trompe pas. Il est un frère avant tout, si on peut aider un frère qui est dans le besoin c’est normal. Mais au-delà, nous pouvons dire que tout comme le Général Gilbert Diendjéré a été la boite noire du régime COMPAORE, SORO est également la boite noire du régime OUATTARA. SORO a été façonné par les vétérans de la politique et son militantisme très tôt dans la FESCI lui a été d’un grand atout. Il a été utilisé par les parrains politiques depuis le début de la rébellion en 2002 pour atteindre leur objectif. Aujourd’hui il est devenu un colis très gênant et donc il faut l’abattre malheureusement il a échappé à leur contrôle. Je décris cela comme les films d’Hollywood où des chercheurs fabriquent souvent des monstres dans des laboratoires pour quelque chose et après le monstre échappe à leur contrôle et ils tentent de l’anéantir en vain. C’est le cas de SORO, il a risqué toute sa vie durant la guerre jusqu’à ce que Alassane OUATTARA accède au pouvoir et je suis convaincu qu’il y avait des clauses dès le départ entre eux. Après (05) cinq ans d’exil, il se retrouve finalement au Niger et il visite le Burkina Faso, peut-être la prochaine étape sera le Mali. Pour moi c’est le jeu trouble dont joue le président Alassane qui a amené les autorités du Niger et du Burkina Faso à jouer aussi le même jeu. Depuis la chute de Blaise COMPAORE, nul doute que c’est Alassane qui est devenu le pion de la France en Afrique de l’Ouest donc tous les dirigeants qui tenteront de sortir de ce schéma décrit par la France il faut les déstabiliser. Nous avons vu le grand tapage médiatique sur l’intervention militaire de la CEDEAO au Niger, heureusement la position éclairée du Burkina et du Mali à dissuader certains pays de la CEDEAO et d’autres partenaires, cela a fait échec à l’intervention et BAZOUM tombe dans les oubliettes de l’histoire. Il n’y a pas longtemps on apprenait que le directeur adjoint de l’Agence Nationale de Renseignement (ANR) et d’autres éléments ont trouvé asile en Côte d’Ivoire après l’échec de leur tentative de déstabilisation de la transition actuelle donc recevoir SORO est une réplique à l’exécutif ivoirien. La Côte d’Ivoire et le Burkina Faso sont deux pays frères unis par l’histoire et la géographie mais ces deux pays ont toujours eu des histoires troubles l’un envers l’autre. On se rappelle du jeu trouble du président Houphouët Boigny dans l’assassinat du Capitaine Thomas SANKARA et aussi du jeu trouble de Blaise COMPAORE dans la rébellion de 2002. Donc deux pays frères mais qui se donnent des coups par moment. Lorsqu’on fait une lecture actuelle de la situation, on voit encore ce jeu trouble d’Alassane et je pense que les dirigeants actuels du Burkina Faso, du Niger et du Mali ont décidé cette fois-ci de saisir le taureau par les cornes pour ne pas laisser les mêmes erreurs de 1987 se répéter. Dans la politique c’est comme ça, il faut savoir se donner les coups et taper là où ça fait mal, il n’y a pas d’éternels amis ni d’éternels ennemis en politique. Nous pensons que la présence de SORO à côté mettra fin à certaines velléités des autorités ivoiriennes. 

AFRICA NEWS ROOM : Votre dernier mot ! 
Joseph Marc BAZIE : Mon dernier mot c’est de vous remercier pour m’avoir tendu votre micro. Je profite de ce canal pour lancer un appel à toute la population particulièrement aux jeunes de rester toujours debout et mobiliser derrière les transitions de nos trois États pour une véritable souveraineté. Les générations passées ont fait leur part dans la lutte contre l’impérialisme, il y a eu des hauts et des bas, ils nous ont passé le flambeau, c’est à nous de le hisser très haut, ne laisser pas l’ennemi nous divertir. Disons non à toute forme de complicité, non à la lâcheté, non à la paresse, oui à l’intégrité, oui à la discipline, oui au travail car c’est par ces valeurs que nous pouvons aider nos dirigeants à nous aider.


Comment As:

Comment (1)

  • Michael Akpabil
    2023-11-24 14:39:55
    This is a worthy and justifiable analysis of the political climate in Burkina... Great work by the admins of this Africanewsroom